En France, de nombreux contrats d’électricité fixent la fermeture du compteur à la demande du titulaire du contrat, parfois avant même la réalisation de l’état des lieux. Cette interruption peut compliquer la vérification des équipements électriques et l’établissement du relevé de consommation final.
Certains propriétaires exigent cependant que l’alimentation soit maintenue jusqu’à la restitution des clés, alors que d’autres acceptent la coupure dès le départ du locataire. Les agences immobilières appliquent rarement une règle unique, ce qui génère souvent des incompréhensions et des désaccords lors de la remise des lieux.
Pourquoi la coupure d’électricité avant l’état des lieux suscite-t-elle autant de questions ?
La question de couper l’électricité avant l’état des lieux soulève bien des incertitudes. Locataires et propriétaires avancent souvent à tâtons, inquiets de laisser filer un détail crucial lors du relevé du compteur électrique. Si le courant est déjà coupé, impossible de tester une prise, un radiateur, une lumière. Résultat : le moindre dysfonctionnement risque de passer sous le radar, et les désaccords sur le remboursement du dépôt de garantie se multiplient.
Le déménagement n’attend pas, et la pression du calendrier imposé par le fournisseur d’électricité pousse parfois à résilier un peu trop tôt, juste pour éviter de payer une journée supplémentaire. Mais cette précipitation peut coûter cher : un défaut électrique non repéré à temps, et la contestation s’invite dans la discussion.
Le relevé de compteur devient alors l’enjeu central : sans électricité, il perd en fiabilité. Certains doutent de la sincérité des chiffres, d’autres redoutent d’avancer les frais d’une remise en service express, souvent salée, exigée par le fournisseur ou le gestionnaire de réseau.
Voici les principales interrogations que soulève la coupure prématurée du courant :
- Résiliation du contrat d’électricité : quand lancer la procédure ?
- Relevé du compteur : qui s’en charge, et dans quelles conditions ?
- Risques en cas de coupure prématurée : comment réagir si le logement se retrouve sans courant ?
Le débat reste vif, car il touche à la fois à la répartition des charges, à la clarté de l’état des lieux et à la confiance entre bailleur et locataire.
Ce que dit la réglementation sur l’électricité lors d’un déménagement
Les démarches liées à l’électricité lors d’un déménagement sont encadrées, mais aucun texte n’impose une date précise pour couper le courant avant ou après l’état des lieux. Le contrat d’électricité lie le titulaire, locataire ou propriétaire, jusqu’à la résiliation effective auprès du fournisseur d’énergie. Résilier le jour de la remise des clés reste la meilleure façon d’éviter toute surfacturation inutile.
Aucune règle n’oblige à couper l’électricité avant l’état des lieux, comme le confirme la loi Alur. La commission de régulation de l’énergie recommande seulement de faire le relevé du compteur (Linky ou classique) en présence des deux parties. Ce relevé partagé fait foi pour la facture de résiliation et garantit la transparence.
Le gestionnaire de réseau de distribution (généralement Enedis) n’intervient qu’à la demande du fournisseur. Deux solutions existent : une mise en service standard (comptez cinq jours ouvrés) ou une mise en service express (sous deux jours, mais plus chère). Si le courant a été coupé trop tôt, le nouvel arrivant risque de patienter ou de devoir régler une remise en service d’urgence.
Quelques réflexes à adopter pour éviter les mauvaises surprises :
- Pensez à prendre des photos du compteur et du tableau électrique lors de l’état des lieux : elles feront office de preuve en cas de litige.
- Le changement de locataire ne provoque pas d’interruption automatique du service ; chaque occupant doit gérer ses propres démarches.
Un point de vigilance : le contrat d’énergie ne se transfère jamais. Dès qu’un nouveau locataire arrive, il doit choisir son fournisseur et ouvrir son propre contrat.
Risques et conséquences d’une coupure d’électricité avant l’état des lieux
Fermer le compteur avant l’état des lieux, c’est s’exposer à des désagréments très concrets. Premier souci : réaliser l’état des lieux dans la pénombre, ou sans possibilité de tester l’électroménager ou les prises. Difficile, dans ces conditions, d’identifier une panne, une dégradation ou tout simplement de vérifier le bon fonctionnement des équipements.
Sans lumière, prendre une photo du compteur devient un casse-tête, surtout s’il est mal placé. L’absence de preuve précise sur l’index peut vite faire déraper la discussion au moment de la facture de clôture. Et la restitution du dépôt de garantie s’en trouve compliquée, chaque partie soupçonnant l’autre d’avoir laissé passer un défaut non signalé.
Cette coupure prématurée tend aussi à tendre les relations avec le propriétaire. Certains exigent que tout reste accessible jusqu’à la fin du bail, d’autres sont plus laxistes, mais une interruption du courant vient souvent tout bouleverser. Faire rétablir l’électricité peut alors entraîner des frais inattendus et retarder la relocation.
Les points à garder en tête sont clairs :
- Couper le courant sans accord nuit à la transparence de l’état des lieux.
- Impossible de vérifier les équipements électriques, donc multiplication des litiges à la restitution.
- Le locataire doit fournir un index réel lors de la résiliation du contrat ; sans courant, le relevé perd en fiabilité.
Jusqu’au dernier moment, le compteur électrique doit donc rester alimenté et accessible à tous.
Solutions pratiques pour gérer l’électricité pendant la transition entre deux locataires
Gérer le passage de relais énergétique dans un logement, ce n’est pas qu’une affaire de coupure de compteur. C’est organiser une transition fluide entre deux locataires, sans rupture de service. Première règle : anticiper la résiliation du contrat d’électricité. Le locataire sortant doit prévenir son fournisseur quelques jours avant le départ, fixer précisément la date de coupure, puis relever et transmettre l’index du compteur.
Pour éviter toute coupure malvenue, il vaut mieux caler la résiliation juste après l’état des lieux. Cela garantit que le logement reste éclairé et que chaque équipement pourra être testé sans stress, devant toutes les parties.
Le propriétaire, lui, peut choisir de souscrire un contrat d’électricité relais entre deux locations, même pour une courte période. Ce geste évite les frais de remise en service et limite les délais parfois imposés par Enedis. Dès que le nouveau locataire arrive, la passation se fait en quelques minutes auprès du fournisseur, sans aucune coupure.
Pour une transition sans accroc, adoptez les réflexes suivants :
- Le locataire entrant doit ouvrir son contrat d’électricité avant de s’installer, pour activer le compteur rapidement.
- En cas d’urgence, la mise en service express (sous 48h, avec frais supplémentaires) reste possible.
Prendre contact avec le fournisseur au moins une semaine avant l’emménagement permet d’éviter toute mauvaise surprise le jour J. Bien coordonner les démarches entre gestionnaire de réseau et fournisseur reste le meilleur moyen d’assurer une transition sereine entre deux occupants. Quand chaque détail est anticipé, le passage de témoin se fait sans accroc, et l’électricité accompagne le changement sans accrocher personne sur la ligne d’arrivée.

