Sur un territoire de 468 km² dont une fraction seulement est urbanisable, le marché immobilier en Andorre affiche un paradoxe. Les transactions ont chuté de 35 % au deuxième trimestre 2026 par rapport à 2025, alors que le prix moyen des appartements progresse au-delà de 4 560 €/m².
Ce décalage entre volume en baisse et prix en hausse signale un marché sous-offreur. Le risque de vacance dépend moins de la conjoncture que du type de bien détenu et de sa localisation par paroisse.
Vacance locative en Andorre : comparatif par segment et paroisse
Tous les biens ne se valent pas face au risque de vacance. La tension locative varie selon la taille du logement, la paroisse et le type de bail. Le tableau ci-dessous synthétise les données disponibles sur les segments les plus courants.
| Segment | Localisation type | Loyer indicatif mensuel | Tension locative | Risque de vacance |
|---|---|---|---|---|
| Studio résidentiel | Andorre-la-Vieille, Escaldes-Engordany (centre) | 800 à 1 000 € | Très forte | Très faible |
| T2 résidentiel | Andorre-la-Vieille, Escaldes-Engordany | 1 200 à 1 600 € | Forte | Faible |
| Grand appartement (T3+) | Paroisses périphériques | Variable | Modérée | Modéré |
| Bien saisonnier / touristique | Stations, zones rurales | Variable selon saison | Cyclique | Élevé hors saison |
La lecture de ce tableau fait ressortir un point net : les petites surfaces résidentielles en paroisse centrale concentrent la demande la plus stable. Ce constat oriente déjà la stratégie d’investissement vers un segment précis.
Petites surfaces résidentielles : pourquoi le risque de vacance y est structurellement bas

Les barèmes et plafonds de loyer ont été resserrés dans les paroisses centrales (Andorre-la-Vieille, Escaldes-Engordany). Cette régulation limite les hausses extrêmes, mais elle ne freine pas la demande : elle la concentre. Les studios et T2 standard sont les logements que recherchent les résidents actifs, les salariés du commerce, de la finance et du tourisme.
Avec environ 80 000 habitants permanents et un afflux continu de nouveaux résidents attirés par la fiscalité andorrane (impôt sur le revenu plafonné à 10 %), la pression sur ces surfaces ne faiblit pas. L’offre de petits logements bien situés reste inférieure à la demande, ce qui explique que les loyers tiennent malgré l’encadrement.
Un investisseur qui cible un T2 à Escaldes-Engordany loué en bail résidentiel classique fait face à un risque de vacance minimal. Le locataire type n’est pas un touriste de passage, c’est un actif installé pour plusieurs années. Le turnover reste limité.
Location saisonnière en Andorre : un rendement attractif mais une vacance cyclique
La Principauté accueille plus de 8 millions de visiteurs par an, majoritairement des skieurs en hiver et des randonneurs en été. Ce flux alimente un marché locatif saisonnier dynamique, surtout près des stations et des centres thermaux.
En revanche, ce segment présente un profil de vacance radicalement différent du résidentiel central. L’occupation dépend des pics touristiques, et les périodes creuses (automne, début de printemps) peuvent laisser le bien inoccupé plusieurs semaines consécutives.
- La gestion locative saisonnière exige une présence ou un prestataire local pour le ménage, les entrées-sorties et la maintenance, ce qui réduit la marge nette
- Les réglementations sur les locations touristiques évoluent : Andorre a lancé des appels d’offres pour encadrer l’attribution de licences de location touristique, ce qui peut restreindre l’offre légale à terme
- La revente d’un bien purement saisonnier est moins fluide que celle d’un bien résidentiel en zone tendue, car le bassin d’acquéreurs potentiels se limite aux investisseurs
Un bien saisonnier bien rempli peut afficher un rendement brut supérieur au résidentiel, mais la vacance intermittente et les charges de gestion érodent cet avantage sur la durée.
Immobilier de luxe et grandes surfaces : un marché de niche à liquidité réduite
Le segment haut de gamme (chalets, penthouses, grandes surfaces en paroisse périphérique) attire les grandes fortunes européennes qui choisissent la Principauté pour son cadre fiscal et patrimonial. Ce marché existe, il est documenté, mais il ne répond pas à la même logique de vacance.
Le locataire potentiel d’un bien de luxe est rare. La demande se limite à un profil très spécifique : expatrié fortuné en attente de son propre achat, dirigeant en résidence temporaire. Le risque de vacance sur les grandes surfaces dépend de la capacité à trouver ce profil rare, et les périodes sans locataire peuvent durer plusieurs mois.

Le prix au mètre carré élevé (le résidentiel global progresse d’environ 2,6 % sur un an) ne garantit pas un rendement locatif proportionnel. Un bien à plusieurs millions d’euros loué six mois sur douze affiche un rendement effectif bien inférieur à un T2 occupé en permanence.
Critères concrets pour réduire la vacance d’un investissement immobilier en Andorre
Plutôt qu’un type de bien unique, c’est la combinaison de plusieurs paramètres qui détermine le niveau réel de vacance.
- Privilégier les paroisses centrales (Andorre-la-Vieille, Escaldes-Engordany) où la tension locative est documentée et structurelle
- Cibler les surfaces de type studio ou T2, segment où la demande résidentielle dépasse l’offre de façon chronique
- Opter pour un bail résidentiel longue durée plutôt qu’une location saisonnière si la priorité est la stabilité des revenus
- Vérifier la conformité du bien aux normes locales et son éligibilité aux plafonds de loyer en vigueur, sous peine de ne pas pouvoir louer légalement
Le programme de logements publics abordables lancé par le gouvernement andorran (avec un objectif de plus de 150 unités supplémentaires) pourrait modifier l’équilibre de l’offre sur le segment résidentiel accessible. Un investisseur doit surveiller l’évolution de ce parc public, qui viendra en partie concurrencer les petites surfaces privées dans les paroisses centrales.
Le marché immobilier andorran reste sous-offreur pour l’usage résidentiel, mais cette protection contre la vacance n’est pas uniforme. Elle se concentre sur les petites surfaces en paroisse centrale, louées à des résidents actifs. Sortir de ce périmètre, c’est accepter un profil de risque différent, que le rendement brut affiché ne reflète pas toujours.

